Pierre Paulin : première grande exposition de design au Musée Fabre de Montpellier

Du 27 juin au 1er novembre 2026, le musée Fabre de Montpellier accueille pour la première fois une grande exposition consacrée au design, et c’est à Pierre Paulin qu’il revient d’ouvrir ce chapitre inédit. Une belle cohérence géographique : né à Paris en 1927, c’est à Montpellier que le designer a choisi de terminer sa vie, en 2009. La ville lui rend aujourd’hui un hommage à la hauteur de son œuvre.

Le design français dans toute sa splendeur

Pierre Paulin occupe une place singulière dans l’histoire du design du XXe siècle. Contemporain des Trente Glorieuses, il a accompagné — et souvent précédé — les transformations profondes d’une société en mutation, de la reconstruction d’après-guerre à la conquête spatiale, en passant par le baby-boom et la pop culture. Ses créations les plus iconiques, la Mushroom Chair (1959), la Ribbon Chair (1966) ou encore la Tongue Chair (1968), ont intégré les collections du MoMA de New York dès 1968 et n’ont jamais cessé de fasciner, incarnant cette promesse d’un futur à la fois moderne et intemporel.
Ce qui rend Pierre Paulin si précieux aux yeux des collectionneurs et des amateurs de design, c’est justement cette capacité rare à traverser les époques sans jamais vieillir. Ses formes souples, organiques, épousant le corps et les aspirations de leur temps, continuent de résonner aujourd’hui avec une étonnante fraîcheur.

Un parcours d'exception, de l'Élysée aux Cévennes

L’exposition du musée Fabre retrace l’ensemble d’une carrière protéiforme. On y suit le jeune designer formant son œil au contact des revues scandinaves et américaines, imaginant un mobilier de confort pour les foyers des années 50, puis inventant des formes de plus en plus audacieuses à mesure que la société s’émancipe. On y découvre aussi le designer d’État : en 1970, Georges et Claude Pompidou font appel à lui pour repenser les appartements privés de l’Élysée — une consécration qui fait de Paulin le porte-drapeau de la modernité française.
Mais l’exposition révèle également les facettes moins connues de l’artiste : son engagement dans le design industriel et le design global à travers la société ADSA, sa réflexion sur les savoir-faire traditionnels et les pièces à tirage limité dans les années 80, et enfin son installation au cœur des Cévennes en 1992, où il met ses compétences au service d’une architecture en harmonie avec la nature — une sensibilité qui résonne avec force dans nos préoccupations contemporaines.

Une exposition à ne pas manquer cet été à Montpellier

Pour les amateurs de design des années 50, 60 et 70, cette rétrospective est une occasion rare de voir réunies les pièces majeures d’un créateur qui a façonné notre rapport aux objets du quotidien. Elle invite aussi à réfléchir à ce que le design signifie vraiment : non pas un simple exercice formel, mais une discipline profondément humaniste, au service du public. Pierre Paulin le disait lui-même : il ne parlait pas d’« œuvre », mais de « travail ». Une modestie qui en dit long sur l’homme, et qui donne encore plus de saveur à cette célébration posthume.
Le design selon Pierre Paulin (1927-2009), musée Fabre, Montpellier. Du 27 juin au 1er novembre 2026.